Biscarrosse retrouve son Hôtel de la Plage

paru dans Le Mag de Sud-Ouest du 3 juillet 2014

L’Hôtel de la Plage, respectable centenaire qui fait partie du patrimoine de la ville, a rouvert ses portes en juillet 2013. Histoire d’une résurrection.

Symbole du succès de la petite station balnéaire dans les années 1930, l’emblématique Hôtel de la Plage a connu tour à tour gloire et déchéance.  Une histoire patiemment reconstituée par les membres de l’Association culturelle biscarrossaise,  ainsi que par l’instituteur Raymond Ullas, et qui remonte à  1879.  Date à laquelle les premiers terrains communaux à proximité de la plage sont vendus aux habitants du bourg. Près de 180 lots sont créés suivant un plan rectangulaire, qui donnera à la station balnéaire sa structure actuelle. Notables et propriétaires y construisent leurs premières résidences secondaires, pour la plupart en bois. Il est alors de bon ton de venir y prendre quelques jours de vacances à la fin de l’été pour pêcher la telline ou célébrer la Fête de la plage.

Une histoire mouvementée

Le premier hôtel Condou, une vaste bâtisse en bois, voit le jour au début du XXe siècle. En 1912, l’ancienne cabane, reconstruite en  une pierre artificielle fabriquée par les établissements Bancon de Parentis, prend le nom d’Hôtel de la Plage. Il connaîtra plusieurs transformations au cours de sa longue existence et sera sauvé de justesse d’un incendie par les Biscarrossais eux-mêmes. Dans les années 1930, Les bains de mer sont à la mode et le lieu est prisé des riches Bordelais en villégiature. Dès 1925, la galerie est vitrée pour permettre la déambulation des vacanciers et l’établissement s’agrandit en 1934. La rotonde, qui donne encore aujourd’hui ce cachet si particulier à l’hôtel,  viendra s’ajouter en 1948. Elle accueille, le dimanche après-midi, les thés dansants qui attirent des vacanciers toujours plus nombreux. Enfin, il faut attendre les années  1970 pour que l’édifice perde son toit pentu en tuiles au profit d’un toit plat.

Renaissance

Mal entretenu, mal géré, il finit, au fil des années, par tomber en désuétude. Il ne fait plus le poids face à d’autres établissements plus modernes. On connaît la suite. Il restera fermé pendant plusieurs années avant d’être racheté par un riche Belge pour en faire l’une de ses résidences secondaires, au grand dam des habitants. Avant d’être revendu en 2011 à la SARL Pyramide, spécialisées dans l’immobilier. Ce dernier propriétaire confie le projet de rénovation au studio bordelais BUPA. « L’objectif était de réinscrire ce bâtiment centenaire dans notre époque, tout en respectant son histoire, d’ouvrir la façade sur l’océan en le dynamisant par l’adjonction de «bow window» et d’apporter aux chambres clarté et luminosité, le spectacle devenant permanent», expliquent les architectes. La structure d’origine est conservée pour respecter la loi littoral qui limite les possibilités de modifications. Résultat : les 33 chambres ont toutes vue sur l’océan. Une seconde terrasse est ajoutée sur le côté pour accueillir piscine à débordement et bar lounge d’été. La vue, elle, n’a pas changé : elle reste à couper le souffle.

À lire : « La Petite Histoire de Biscarrosse », de l’Association culturelle biscarrossaise, 2005 et « Biscarrosse » (t. 1), de Raymond Ullas et Pascal Parpaite, éd. Alan Sutton ;  Coll. Mémoire en Images, 2006.

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