Aux Petites Cantines, installées depuis septembre dans le nouveau quartier
Belvédère de Bordeaux, on cuisine et on mange ensemble dans la bonne
humeur. Le prix des repas est libre
Derrière les baies vitrées, dans la pièce lumineuse qui réunit cuisine et salle à manger,
Lucie (27 ans) et Ernestine (5 ans) sortent le gâteau au chocolat du four, Barnabé (10 ans) met
la table. David, le père des deux enfants, fait la vaisselle, Hedwige remue le curry et Vianne range le linge… Chacun met la main à la pâte pour réaliser le menu défini par Bertrand, le responsable de cette cantine, aidé par Romane, en service civique.
Les Petites Cantines ont ouvert le 30 septembre rive droite à Bordeaux, à proximité de la Benauge, dans le nouveau quartier Belvédère. Ce dernier, qui a vu pousser des immeubles comme des champignons et arriver un grand nombre d’habitants, coche toutes les
cases pour accueillir l’une de ces cantines solidaires et participatives à prix
libre fondées à Lyon en 2016. Leur objectif est de créer du lien. Le principe : on s’inscrit pour préparer le repas lors de l’atelier culinaire et on s’attable ensuite ensemble. Il est également
possible de venir uniquement pour déjeuner, avec ou sans réservation.
Des convives du quartier et de plus loin David, dont l’appartement est situé dans le même immeuble que le local, passait régulièrement devant Les Petites Cantines avec ses deux enfants. Ils ont profité des vacances pour en pousser la porte. Étudiante en master, Vianne habite le quartier depuis quatre ans. Elle travaille comme réceptionniste dans une résidence senior à proximité et espère bien créer des synergies entre les deux structures.
Hedwige, alerte octogénaire qui vient du Bouscat, n’en est pas, elle, à sa première participation. C’est elle qui a confectionné le gâteau au chocolat avec la petite Ernestine. Il sera précédé de poireaux et pommes de terre vinaigrette, et suivi d’un curry de légumes. L’occasion aussi d’apprendre quelques tours de main avec Bertrand pour refaire, à la maison,
des recettes plus ou moins techniques selon les jours.
Reconverti dans la cuisine, cet ancien directeur administratif et financier dans des ONG a été séduit par le projet, qui lui permet d’allier vie professionnelle et personnelle. Bertrand définit les menus, dont les ingrédients proviennent pour l’essentiel du marché de la placeCalixte-Camelle voisine, et orchestre avec bonne humeur les tâches et les équipes, dont la taille peut varier d’un jour à l’autre.

À table, chacun se sert et débarrasse, et les discussions vont bon train. Ernestine et Barnabé se sont régalés : il ne reste pas une miette dans leur assiette. Particularité : on paye à la hauteur de ce que l’on peut donner, pour le repas comme pour l’adhésion à l’association,
qui est obligatoire.
Si l’association bordelaise créée par Renaud Charbonnier et Camille Lenne et gérée par un conseil d’administration bénévole doit son existence à de nombreuses subventions, il lui faut
aussi assurer sa propre rentabilité. Mais la formule a déjà fait ses preuves dans14 autres villes. Bordeaux est la première du Sud-Ouest.
